Comment annoncer la séparation à ses enfants ?

En bref. Les guides suisses recommandent de préparer l'annonce à deux, si c'est possible, et de donner la même information à chaque enfant, adaptée à son âge, autour de trois messages : ce n'est pas ta faute ; nous restons tes deux parents ; voici ce qui change et ce qui ne change pas. Le droit va dans le même sens : chaque parent doit veiller à ne pas perturber la relation de l'enfant avec l'autre (art. 274 al. 1 CC).

État du droit au 1er janvier 2025 · vérifié le 2 octobre 2026 · rédigé par divorceinfo.ch à partir des textes officiels. Cette page explique le droit ; elle ne remplace pas l'avis d'un conseil sur votre situation.

Signal d'alerte. Si l'autre parent vous fait peur ou s'il y a de la violence, n'organisez pas d'annonce à deux : la période de séparation accroît le risque de violence. Danger immédiat : 117 ou 144 ; aide aux victimes : 142 ou le centre LAVI de votre canton.

Cela dépend de…

  • la sécurité : une annonce commune suppose qu'aucune violence ni peur de l'autre ne s'y oppose ;
  • l'accord des parents sur le message, pour que chaque enfant entende les mêmes mots ;
  • ce qui est déjà décidé : où chacun vivra, comment les semaines s'organiseront ;
  • l'âge des enfants, pour adapter les mots.

Que dire, concrètement ?

La page de conseil de Pro Juventute retient trois messages, que le parent peut dire avec ses propres mots :

  1. « Ce n'est pas de ta faute. »
  2. « Nous n'allons plus vivre ensemble, mais nous restons tous les deux tes parents. »
  3. « Voilà ce qui va changer, et ce qui ne change pas » : l'école, les amis, les jours chez chacun — seulement ce qui est vrai.

Toutes les réactions de l'enfant sont normales (Pro Juventute). Pour lui, la famille continue, sur deux lieux (Erziehungsberatung du canton de Berne).

Qu'est-ce qu'il vaut mieux éviter ?

  • critiquer l'autre parent devant l'enfant, ou lui raconter ce que l'autre « a fait » ;
  • faire de l'enfant un messager entre les parents ;
  • l'impliquer dans les questions d'argent ;
  • lui demander chez qui il veut vivre : ce n'est pas à lui de porter cette décision.

Comment les enfants vivent-ils la séparation ?

Selon une revue de la recherche, la majorité des enfants de parents séparés sont résilients ; les facteurs de risque connus sont le conflit entre les parents, la perte de contact avec l'un d'eux et les difficultés économiques (Kelly et Emery, 2003). Une étude sur 995 enfants de la cohorte zurichoise z-proso montre pourtant que la séparation n'est pas sans effet : elle s'accompagne d'une hausse des comportements agressifs, de repli ou d'anxiété, en partie par la dépression de la mère (Averdijk et al., 2012). Une autre revue souligne le poids du nombre de transitions — logement, organisation — plus que du divorce lui-même (Amato, 2010) : limiter les changements en cascade aide. Ces études ne mesurent pas l'effet d'un soutien apporté au parent ; mais chercher du soutien pour soi n'a rien d'égoïste.

Ce que dit le droit, et que l'on peut dire à l'enfant

  • « Nous restons tes parents » : l'enfant mineur est soumis à l'autorité parentale conjointe de ses père et mère (art. 296 al. 2 CC) ; le juge ne la confie à un seul parent que si le bien de l'enfant le commande (art. 298 al. 1 CC).
  • « Tu continueras à voir ton autre parent », à dire seulement si c'est vrai : l'enfant et le parent qui n'a pas la garde ont réciproquement droit aux relations personnelles indiquées par les circonstances (art. 273 al. 1 CC), et le juge tient compte du droit de l'enfant d'entretenir régulièrement des relations avec ses deux parents (art. 298 al. 2bis CC) ; ce droit peut être refusé ou retiré par une décision, notamment si les relations compromettent le développement de l'enfant (art. 274 al. 2 CC).
  • « Ce n'est pas toi qui décides » : le juge prend en considération, autant que possible, l'avis de l'enfant (art. 133 al. 2 CC), qui est entendu si son âge ou d'autres justes motifs ne s'y opposent pas (art. 298 al. 1 CPC) — mais il ne décide pas seul. Voir Qui aura la garde des enfants ?

Ce qui dépend de votre situation

  • Un enfant qui va mal ou se confie peut appeler le 147 (Pro Juventute, jour et nuit) ; une inquiétude durable relève d'un service de consultation pour enfants et parents de votre canton.

Ce qui reste incertain

Aucune source vérifiée par le projet ne détaille, âge par âge, les mots à employer ni les réactions à attendre : cette page ne le fait donc pas. Le conseil aux parents de Pro Juventute, gratuit, 24 heures sur 24, au 058 261 61 61, peut aider à adapter les mots.

Ce qu'il est utile de réunir

  • ce qui est déjà décidé : logements, jours chez chacun, école ;
  • les mots choisis, préparés si possible avec l'autre parent ;
  • les ressources de votre canton (consultations, groupes pour enfants).

Pour la suite juridique, garde, relations personnelles, convention, la personne qui vous accompagne peut être un avocat, un service juridique, un médiateur, ou un conseil commun aux deux parents.

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Sources

  • Code civil : art. 133, 273, 274, 296, 298 CC, Fedlex, RS 210
  • Code de procédure civile : art. 298 CPC, Fedlex, RS 272
  • Guides et études : Pro Juventute, « Séparation des parents : comment le dire à son enfant ? » (page consultée le 27 septembre 2026) · Erziehungsberatung des Kantons Bern (2016), Elternschaft nach der Trennung · Kelly J. B., Emery R. E. (2003), Family Relations 52(4), résumé lu · Averdijk M., Malti T., Eisner M., Ribeaud D. (2012), Child Psychiatry & Human Development 43(2), résumé lu · Amato P. R. (2010), Journal of Marriage and Family 72(3), résumé lu · Bureau fédéral de l'égalité (2020), La violence dans les situations de séparation